S’ inspirant du cinema et de la littérature de genre marqué par la métaphysique et l' anticipation, le travail photographique de Raphaël Lorand s'articule autour de mythologies contemporaines et passées. Il cherche à photographier les rêves, les cauchemars et ainsi délimiter les frontières de l’ inconscient et mêler ordinaire et extraordinaire. Privilégiant les représentations de la peur et du grotesque, il ajoute une dimension énigmatique à son travail. Ce qui nous est montré : l’intrusion de l’imaginaire dans le réel et du réel dans l’imaginaire - agissant alors comme un processus de contamination -.

Il s' agit bien ici, de réalités extérieures et d' itinéraires mentaux qui se rencontrent, s' entrechoquent. Les photographies entrent en résonance comme des notes éparses de musique s' agencent. Cherchant à ce que le sens glisse sous la représentation et qu'il devienne subreptice.

En conséquence, entre chaque image, se tissent des fils ténus reliés par un ordonnancement fractal, irrégulier, en somme, un réseau conçu de neurones interconnectés qui se répondent et vibrent sur la même longueur d'onde. Les photographies présentées appréhendent de manière spéculative et fictionnelle, un monde en perte de repère, qui se dérègle, elles se conçoivent comme les fragments d'un scénario post-apocalyptique. Les personnages des photographies habitent nos peurs comme un rêveur parcourt un cauchemar et la nuit permet à l’invisible de surgir du réel. Nous voilà plongés entre Philip K.Dick, Edgar Allan Poe, et Cormac McCarthy.

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